24/09/2012

il(e) - 7 -


Cette traque qui s’enroule autour de mes chevilles, un serpent sournois qui se fond dans chacun de mes pas, le doute qui encercle, serre son étau et comprime mon cœur. Il se tord, de chaque cellule gicle ma vie, mon amour et leur âme. Que m’importe à moi d’être forte lorsque se brise mon infortune, ma solitude et ma crevure. Je ne crois que ce que je vois, le froid qui vient, denrée périssable, mes mots, ma douceur et leur vanité. Pas seulement. Je vois très bien ces jeux de cirque, ta soif insatiable et leurs couleurs vulgaires. Que m’importe à moi la facilité et le rire de pacotille lorsque je sais ton râle, ta faim et ce coup de butoir comme un coup de semonce. Je ne crois que ce que je vois, ce lit, cette main vide et la douleur. Il ne fallait pas amour, me laisser là, tu ne m’as pas senti plonger dans mes abysses, il est trop tard amour, trop tard. 
Je lâche. Aspirée par le bleu, le noir des profondeurs, je deviens l’ombre avalée, en petits éclats de chair, filandreuse, je fonds.

Agathe Elieva © 
extrait de il(e)






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