26/09/2012

il(e) - 8 -


Là. Brusquement sur les épaules. Sentir le poids du corps. La masse qui n'est plus retenue. Une sorte d'affalement, le retour à une non-forme, dénudée, impalpable. Le silence règne, la solitude aussi. Le manque peut-être bien. L'heure du loup approche. Elle n'est pas bleue ce soir, je le sais. L'obscurité recouvrira ce "Je" que je ne peux plus nommer. Impassible, minéral posé là. Livrée au fouet des vagues dont le tempo se cale sur l'inexistence du tien. Sur cette absence, qui perdure, depuis la nuit de mon temps. 
L'enfant s'endort dans le noir, sa main emplie du vide de leur cœur. Sa main qui palpite là, à attendre la chaleur de ta peau. 

Agathe Elieva © 
extrait de il(e)


© Jan Saudek






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