29/01/2013

"La houle solitude"


Parfois le vent souffle au crépuscule – silencieuse, puissante et profonde, c’est la houle solitude, ma muse. Dans un interstice du voile qu'elle soulève, je devine une lueur opaque tout au bout de toi, comme un horizon diffus et lointain. Le jour se faufile malicieusement comme un chat dans cette lumière qui décroît. S'estompe alors l'image et les chuchotements, les odeurs et les saveurs des bords de toi. Mais le souvenir du vent, lui, ne s'en va pas. 
La muse avec son âme lourde braquée sur mes tempes me demande souvent - "Qui j'aime ?"
Personne probablement, personne d'autre que le vent qui souffle en elle...

Esther KÄ ©
(extrait de Diagonales)

© Janusz Miller




5 commentaires:

  1. Ma muse à moi est une intermitante. De temps en temps elle travaille, mais la la plupart du temps elle "musarde" ailleurs chez d'autres auteurs, la chienne !

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  2. On imagine l'effet de cette houle dans la masse sombre et luisante de vos cheveux, Esther. Et l'on devine le tremblement de chair, le bruissement de soie qu'elle entraîne avec elle.
    On imagine, on devine… vous ondoyez.
    Beau texte bref sur une soierie qui fuit sous la main.

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  3. Chère Esther,

    Diagonalement
    Le vent vous souffle parallELLE
    Perpendiculaire au mieux
    Horizontalement aux yeux

    Tendresses

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