12/10/2012

C'est l'heure

ah, oser suivre les tumultes
des jours nés curieux
des vagues en leur mer
grands bleus éphémères
tatouages encrés de Chine
de roses de Damas
de raisins de Corynthe
de poivres de Zanzibar

ah, cette blessure
grand bleu éphémère
qui fait taire les rires des enfants
et compte les nuages un à un
sous le soleil disparu
dans l’ourlet du temps venu
du temps d’après déjà là
du temps doux de soi à soi

la circonférence du cercle
est l’exacte mesure
de ce qui relie l’oiseau à la chaîne
de l’homme qui a déjà oublié
qu’il en avait ouvert sa porte
les plumes repliées
il résiste au vent de liberté
et continue de tourner
autour de la cage désertée

Il voudrait, il voudrait tant
Mais toujours au dernier moment
Quand il ne reste qu’une haie
Il tremble, refuse de sauter
Et se retrouve dans le fossé
Le cul dans la vase il se dit
Qu’il est déjà presque midi
Qu’il rêve encore au lit

Et qu’il serait vraiment temps
De finir les haricots du frigo

Astrid Waliszek © 

© Denisimo




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire