08/10/2012

Histoire

cette petite robe qui tourbillonnait
il en connaissait tous les boutons
elle l’a jetée un jour sinistre de mai
un soir noir de fatigue, gris d’abandon

oui, non, encore, bientôt, peut-être,
le soir tombe enfin, comme une prière
malhabile et rebelle à la lumière
la nuit est vivante en ce cruel hiver

perdue sur la chaise, chiffonnée
elle ne se souvenait de rien, si fripée,
pourtant un corps l’avait animée
des éclats de rire l’avait enflammée

l’odeur, son odeur à elle, si vive
reste dans sa mémoire, chétive,
disparue - du tissu à la peau, évanouie
l’alchimie est morte, la source est tarie

comme si un moment avait une odeur
comme si un instant était une couleur
entre larmes et rage, elle l’a déchirée
gardant un petit bout de tissu fané

dans un petit sous-verre, coincé,
le tissu est condamné pour l’éternité
et pour arrêter enfin d’encore y croire
elle a écrit d’un trait d’encre noire

« petit bout de grande histoire »
et toute seule elle a virevolté
nue devant sa glace elle a dansé
vivante flamme, été incantatoire

Astrid Waliszek © 

© Diane Paquin





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