07/10/2012

il(e) - 10 -


La mine défaite, j’oscillais entre les sommeils. Du demi-rêve au réel, je creusais ma tombe. Il me fallait émerger. Un tant soit peu.
Le soleil me mord l'œil. L'autre s'enfonce au-dedans de la tête, au-dedans de mes pensées. Ce matin encore, le plafond ne m’est pas tombé sur le crâne. Et c'est bien dommage. Je voudrais mourir.
Sur le chemin de la cuisine, je peux encore sentir ton parfum. Une trace invisible, un mirage, une vague impression d'intimité.
C'est dans mon chagrin que je sens le plus fort le manque de ma main sur la tienne, effleurant les veines bleues, rondes et larges.

J’ai froid. D'un geste sûr parce qu'automatique, je me verse du jus d'orange. J’en mets trop, cela goutte sur la table. Bientôt cela collera, comme la limpidité de ma pensée.
La gamine du dessus fait sa colère du matin, mon ventre vrille, j’aimerais monter, sonner et l’abattre d’un coup sec et blanc : pour que le silence revienne habiter ici, pour que le genre humain ne soit plus en devenir, pour avoir la paix, un peu.
Tu n’es plus là. Moi oui.
Agathe Elieva ©
extrait de il(e)

© Yuri Pritisk 




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