15/10/2012

il(e) - 12 -


Le silence allusif encercle la chair de nos pas, talons claquant sous la pluie. Cette pluie qui précède la nuit de quelques secondes. Bientôt on ne nous voit plus. Nous nous enfonçons dans le réel, qui n'est qu'à nous. Tes yeux sur ma nuque encerclent mon cou là où vibrent les cordes. La peau est glacée par le ciel. Le mouvement de ma jupe fait deviner nos silhouettes, je monte et descends sur la chaussée, ma cadence se dérobe au métronome fixé sur le tempo de la rue, adagio. Le réel se juxtapose à nous et nous permet de devenir. L'air frissonne, sculpte, et parfois réalise.

Agathe Elieva ©
extrait de il(e) 


© Willy Ronis




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