27/10/2012

il(e) - 14 -


Il n'a jamais aimé les dialogues mais les silences échangés. Crachats de pierres lourdes lorsque l'orage lui fait dévaler les pentes. Lorsque le désespoir l'étreint. 
Il est trempé, l'orage lui dégouline sur les épaules. Son blouson renforcé le protège des chutes - à ce qu'il paraît. Mais pas d'elle. Pas de ses batailles rangées, où il n'est qu'une poupée de chiffon. Pas de ses reproches en forme d'homélie. 
Il voudrait lui dire le pouls de son amour, la cadence de ses reins, le vertige de sa présence. Mais la boue du déluge s'abat sur lui et l'ensevelit. Il devient le sable du marchand qu'elle effacera à son réveil d'un peu d'eau de rose. Un parfum discret que les pores engloutiront avec appétit.

Agathe Elieva ©
extrait de il(e)

© Sabine Weiss




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