01/10/2012

il(e) - 9 -


A présumer de ses forces. 
Pas discrets de louve, de la pointe du talon, l'air de rien, se retire à peine. Tout juste une esquisse, un petit claquement de brise, vous ne sentirez rien. 
L'ébauche d'un non qui n'en avait pas fini de pointer. Un silence au-dedans du sourire, la main qui trace dans le vide les non rassemblés, ce non qui ne nie pas, mais reconnait. Tous les non possibles qu'il faut articuler : muette, la voix est détimbrée. Pourtant, le temps vient où il faut reprendre ce qui nous appartient. Redevenir soi, au-delà du non et des poussières. De la cendre d'une nuit comme un collet épineux. 
Au son de la fontaine - tu te souviens de son nom - retrouver de l'oxygène, un peu, dans le secret et les rangs resserrés de mon île. Vous ne remarquerez rien, il n'y aura pas de bruit, j'en suis incapable. Même le cuivre de la trompette, je l'ai fait sonner dans les nuances douces et sensuelles. 
S'enfuir et se cacher, en attendant mieux. Le jour qui revient. Demain qui dort là, dans les bras de mon silence.
Agathe Elieva ©
extrait de il(e)

© Yuri Pritisk 




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