19/10/2012

La pluie


Dans la montée, la pluie s'est amincie. Une épaisse brume stagne dans la vallée comme si les nuages entouraient les arbres dont n'était visible que la canopée tandis que la voiture grimpait la côte en direction d'un rayon de soleil. Sur le plateau, j'aurai peut-être droit à un arc-en-ciel.
Depuis que je suis ici à demeure, j'entends, je fais, je vois des choses que je ne percevais pas avant. J'attends un arc-en-ciel et je regarde le ciel se creuser sous l'ondée.
Mais pas d'arc-en-ciel. La pluie s'est remise à tomber dru. Je me suis garée au ras de la porte d'entrée de la maison, histoire de n'avoir que peu de pas à faire pour me mettre à l'abri de ce déluge. J'ai couru - il y faisait bon. Le taux d'humidité à l'extérieur était de cent pour cent, ne pouvait être que de cent pour cent, quoi que ça veuille dire - après tout, c'est comme la température, il y a la notion de ressenti, ça n'a rien à voir avec la réalité. 

La pluie giclait en longs traits comme le lait du pis d'une vache et rejaillissait contre les murs, écumante et irisée. Derrière ma fenêtre, j'ai pensé à toutes ces mauvaises herbes qui allaient repousser.
Tout à coup, et c'est la première fois depuis que je suis ici, la solitude m'est tombée dessus comme un monstre dans un livre d'enfants, avec d'inépuisables réserves d'histoires épouvantables. Il aura suffi d'une averse.

Astrid Waliszek ©






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