16/10/2012

No mad’s land


Son sanglot est venu du plus loin de la nuit
On le crucifiait – il fournissait les clous
Les ténèbres se sont mêlées aux ténèbres
Le chat assis sur le rebord de la fenêtre

Est devenu chimère, monstrueux cerbère
C’est le vacarme sans pudeur de sa mémoire
Dur, pierreux et cru, oublié de la lumière,
Qui mord son rêve et anéantit son sommeil

Tant d’années ont passé mais rien ne le répare
Comme un aveugle il trébuche autour de son lit
Revoit ces pierres d’infamie, ces prés carrelés
Ces charniers bornés par le tendre rose du grès

Tant de nuits à entendre ces coups sur la porte
Tant de nuits à se réveiller au son d’un ordre
L’ordre est dans sa tête mais peu importe
La réalité est filtrée par les pensées

D’un pas hagard, il est allé vers la musique
Puis s’est assis dans un fauteuil, a écouté
Les Kindertotenlieder - la voix de Ferrier.
Lentement, le chat est venu sur ses genoux

Astrid Waliszek ©

© Denisimo




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