12/11/2012

il(e) - 17 -


Le silence, là où nous aurons vécu. Et regardé absolument. Même la jalousie aveuglante. Même la vérité vaincue. Tout. Jusqu'à la terre ensevelie.
L'eau du Louvre. Un soir. Errer dans le silence du bitume. Chercher le souvenir des hirondelles. Cachées là, cour carrée. Un été. Ta main n'était pas si loin. La mienne te cherchait, elle te cherche encore, dans le gueuloir des silhouettes inconnues.

J'écris dans le silence de la maison, ils sont partis déjà, tous, j'écris là, le soleil du matin déchire mes murs, je me rassemblerai un peu plus tard, j'y arriverai, après, après l'eau brûlante et le miel, après. Comme le loup de la fable, je cours, je cours encore. Les marques des fers encore vives, les recherches vaines encore discutables, la pitance pour quelques caresses. Ma robe est sombre, elle tente d'affadir l'éclat du jour qui est là. Elle ne gagne pas. La lumière m'engloutit, m'absorbe. Je voudrais m'y consumer, devenir silencieusement une poussière de clarté, un souvenir aveuglant, une singularité d'un monde qui n'a pas de lieu. Ni de nom. Rien. La totalité de ma voix dans ce rien. La sauvage liberté de son empreinte dans cet espace que l'on ne signifie pas. 

Agathe Elieva © 
Extrait de il(e) 


© Alina Lebedeva




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