05/12/2012

il(e) - 21 -


Je voudrais être de l’autre côté, là où les sens se calfeutrent sous des feuilles d’or, à l’abri des abysses et des tempêtes sourdes. Où le temps n’est plus rien, même plus ce raisonnement d’homme enchainé. Avoir le mal de l’Homme. Noyé dans ses turpitudes, il devient azote. Oui, absolument, azote, privé de vie. De l'autre côté, dénudé, juste dans sa fragilité. Vivant.

Agathe Elieva © 
extrait de il(e)

© Sarah Moon




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  1. Sous la surface des choses


    S'il faut voir les poissons de plus près,
    et s’immerger sous la surface des choses
    j’endosse la combinaison de plongée
    L’attirail du scaphandrier
    Et je me laisse aller à des distances obscures
    Et ne plus penser à l’air,qui d’habitude,
    gonfle mes poumons…

    Je suis un ludion suspendu en eaux
    Frôlé par des bancs de poissons qui errent
    Caressé par des méduses avides d’un pays,
    Celui du dessus, qui ne leur est pas permis
    Comme ne m’est plus permis la lumière du soleil
    Si faible sous les tonnes de liquide en mouvement.
    C’est, franchi la frontière agitée des vagues,
    Un domaine réservé, que tâter du pied, ne peut suffire
    Et qui m’englobe, et qui m’avale
    Comme toutes les certitudes de plancher sec…

    Et les seiches me prêtent leur encre marine
    Pour que j’écrive la mémoire des abysses,
    Le vrombissemnt silencieux du passage des orques
    Les étranges lanternes des baudroies
    Et le dédale de couleurs des coraux et anémones
    Qui dansent avec les courants chauds
    Avec à peine le souvenir de l’homme
    Et une épave oblique, aux hublots sertis
    De coquilles et de rouille, avec son échelle
    Accrochée au bastingage de l’inutile.

    RC - 17 juin 2012

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