17/12/2012

il(e) - 23 -


La rumeur des vies circule, incessante, le vent peine à adoucir le verbiage, je ne voudrais plus rien entendre que mon souffle, ta paume, et le temps qui vient. Sans aucun mouvement obligé. J’ai de la chance tout se confond dans ce ciel d’argent, tout s’y noie. Je ne fais qu’apercevoir la lumière, à la surface, ailleurs. Il n’y a même plus de larmes, de rancœur, de palpitations quelconques. Il n’y a plus de pincement ou d’envie. Je suis eaux profondes, m’évapore, ma forme fluctue suivant le mouvement de ton corps, tes bras, tu plonges, je m’écarte, t’englobe, je suis le ciel et ses vagues, je m’échappe et glisse lorsque ta main brasse, tes cuisses battent l’écume, je ne suis rien, tout, je ne vis plus. J’ai de la chance, la lumière effleure les flancs de ma peau, je ruisselle, je ne pleure pas, ce sont les gouttes d’eau qui scintillent au soleil.
Agathe Elieva ©
extrait de il(e)

© Milan Borovička




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